Ils ont progressivement fait leur apparition dans le monde du travail et sont associés à différentes formes de mal-être. Aujourd’hui le plus connu est le burn-out, toutefois ce n’est pas le seul risque professionnel existant ayant de sérieuses conséquences.

Le Burn, Bore et Brown Out ont tous en commun de mener le collaborateur à l’épuisement et à réduire voire anéantir son estime et sa confiance en lui.

Comment les repérer et les différencier ?

Le burn-out :

C’est aujourd’hui le syndrome d’épuisement professionnel le plus connu et le plus violent pour le collaborateur.
Selon une étude de Cadremploi, la moitié des cadres estime avoir déjà vécu ce syndrome d’épuisement professionnel. Ce terme existe depuis les années 60 et il est utilisé pour décrire une fatigue extrême liée au travail.

Les symptômes psychologiques ressentis :

  • Se sentir vide de toute énergie
  • Irritabilité marquée, pleurs fréquents, colères spontanées
  • Avoir le sentiment d’être dépassé professionnellement
  • Perdre en efficacité et se désengager
  • Ne plus trouver le sommeil
  • Plus de frontières entre la vie professionnelle et la vie personnelle
  • Ne plus penser qu’au travail
  • Une réelle perte de confiance en soi
  • Plus d’épanouissement personnel

En mai 2019, le burn-out est entré dans la classification des maladies de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Le bore-out :

Le bore-out est un syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, c’est la cause inverse du burn-out mais avec les mêmes symptômes. Le bore-out a été mis en lumière en 2007 par deux consultants suisses : Peter Werder et Philippe Rothlin et commence péniblement à être reconnu comme un risque psychosocial.

Les causes :

  • L’activité liée à la fonction qui peut être ennuyeuse et lassante (exemple un vigil qui doit surveiller les allées et venues de clients sans que personne ne fasse attention à lui).
  • La surqualification pour un poste. Dès le recrutement, le risque doit être pris en compte car il vient souvent d’un écart entre une fiche de poste dont les missions ont été surévaluées et la réalité du terrain.
  • Le réel manque de travail dans certains secteurs. Une étude menée aux Etats-Unis et interrogeant 10 000 actifs, révèle qu’un salarié sur deux passe en moyenne deux heures par jour sur des tâches n’ayant aucun rapport avec sa fonction et un tiers d’entre eux donnent comme explication le fait qu’ils n’aient pas suffisamment de tâches attribuées (les secteurs concernés sont notamment le tertiaire et l’administration publique).

Les conséquences du bore-out sont les mêmes que dans le cas du burn-out et sont lourdes pour les entreprises : arrêts maladies et traitements adaptés.

Cette nouvelle pathologie du travail manque toutefois de reconnaissance. Les jugements et les a priori sont nombreux : s’ennuyer au travail ? Comment est-ce possible ?

Il faut expliquer que le bore-out n’est pas de la paresse, bien au contraire, les paresseux ne veulent pas travailler même s’ils ont du travail alors que les victimes de bore-out souhaiteraient justement travailler sans qu’on leur en donne la possibilité. La frustration qui en résulte les poussent à l’épuisement nerveux.

Comment l’éviter ou l’anticiper ?

Il faut tout d’abord identifier les signes précurseurs : perte d’intérêt de la part du collaborateur, manque d’enthousiasme, sensibilité, recours excessif aux pauses et arrêts maladies…

Afin de venir en aide au collaborateur présentant ces signes, des mesures doivent être prises comme la réévaluation du poste ou lui accorder de nouvelles responsabilités (dans la mesure du possible).

Le brown-out :

Le brown-out est une baisse d’engagement dans son travail. Il peut avoir plusieurs degrés d’intensité : de la lassitude à une totale remise en question de l’utilité du collaborateur (au travail et dans sa vie en général).

L’anthropologue David Graeber est le premier à avoir mis le sujet en avant en 2013 avec le concept de « bullshit job ». Selon lui, le progrès technologique a fini par engendrer un certain nombre de tâches et de gestes de travail complétement dénués d’intérêt, souvent répétitifs et extrêmement lassants.

Les symptômes :

  • Travailler de manière mécanique et sans éprouver le moindre intérêt pour le travail réalisé
  • Poser assez fréquemment des arrêts maladies (à la moindre occasion, à vrai dire)
  • Essayer d’échapper à toutes les réunions en se faisant oublier
  • Physiquement, se sentir mal dans son corps et avoir du mal à trouver le sommeil, être irritable, ne plus s’intéresser aux autres…

Comment s’en sortir ?

Après avoir validé qu’il n’y avait pas en interne un autre poste pouvant répondre à vos compétences, quitter ce travail qui ne vous passionne plus (ou qui n’a jamais vraiment été passionnant) semble être l’une des meilleures solutions. Vous pouvez également créer votre entreprise, un vrai challenge qui donnera du sens à votre travail. Ou encore, reprendre soin de soi, de son corps en se remettant au sport et en se fixant une bonne hygiène de vie  .

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